Hávamál… Les Dits du Très Haut

TEXTE INTEGRAL – Traduction N.PAPIN
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D’après les différentes traductions de :Resenius, Marmier, Dietrich, Hazelius, Nilson, Bergmann, Boer, Vlarke, De Vries, Wagner


-1-
Avant d’entrer plus loin dans la demeure
Soyez prudent avant d’y pénétrer,
Vous devez en surveiller tous les abords
Car qui sait d’avance sur quels sièges

Siègent les ennemis dans l’assemblée ?

-2-
Saluons l’invité !
Un convive vient d’entrer
Où doit-il s’asseoir ?
Il doit faire diligence celui qui vient chercher fortune
Auprès des tisons enflammés.

-3-
Il faut réchauffrer le nouvel entrant
Et qui a les genoux gelés ;
Nourriture et linge propre sont indispensables à l’homme
Qui a traversé les montagnes.

-4-
De l’eau aussi, pour celui qui a demandé l’hospitalité,
De quoi le sécher, et un accueil affable,
Il convient de bien le considérer si l’on veut éveiller,
Des sentiments reconnaissants de réciprocité.

-5-
Qui voyage au loin doit être vigilant,
Chez soi tout est plus aisé :
Le sot ignorant fait souvent rire de lui
En la société de gens sages.

-6-
Nul homme de ses connaissances devrait se vanter,
Plutôt être réservé dans ses jugements.
Le sage revient a sa maison :
Un silence prudent ne peut être source d’erreurs
Car il n’y a plus sûr ami pour l’Homme
Qu’un solide bon sens !

-7-
Un invite doit être affable
Lorsqu’il arrive a table
Se tait et observe en silence,
Il dresse ses oreilles,
Scrute avec attention :
C’est ainsi qu’il est avisé et sage.

-8-
Heureux celui qui a acquis une renommée
Et l’aide des runes de sagesse :
Lorsque l’on dépend des conseils d’autrui
Crée souvent des déboires.

-9-
Heureux celui qui au cours de sa vie
Fait confiance à son expérience personnelle,
Car écouter un conseil d’autrui
Est souvent pernicieux.

-10-
Un voyageur ne saurait transporter
Meilleur bagage qu’une provision de bon sens,
C’est la meilleure des richesses loin de sa maison,
Un refuge contre le dénuement.

-11-
Un voyageur ne peut transporter
Meilleur bagage que du bon sens,
Sur la route il n’y a plus mauvais viatique
Que l’usage abusif de la boisson.

-12-
La bière n’est pas aussi salutaire qu’on le dit
Pour les fils des hommes :
Un homme qui boit, perd ses connaissances et sa raison.

-13-
Il passe pour héron étourdi celui s’agite bruyamment aux festins
Il en perd la raison et s’ôte sa sagesse :
Je fus aussi captivé par son plumage
Lorsque je fus invité en la demeure de Gunnlöd.

-14-
Je me suis enivré, enivré à l’excès
En la demeure du sage Fjalar :
La meilleure des bières est celle qui permet de rentrer chez soi
Se souvenir de tout en pleine raison.

-15-
Tout Prince devrait être discret et réfléchi,
Mais audacieux à la bataille :
Tout Homme devrait se montrer joyeux et affable
Jusqu’au jour de son trépas.

-16-
Le lâche pense vivre pour toujours
S’ il évite la bataille,
Mais la vieillesse le privera de paix
Même si les lances le ménagent.

-17-
Le sot ouvre grande bouche et yeux au banquet,
Il se tient muet et marmonne entre ses dents
Dès qu’il a bu sa bière,
Il en perd toute raison.

-18-
Celui-là seul qui a vécu et beaucoup voyagé,
Traversé les routes de la vie,
Et de multiples voyages, peut dire quel caractère
De quiconque possède savoir et sagesse.

-19-
Il faut boire votre hydromel avec mesure,
Se taire ou parler au moment propice :
Nulle atteinte à la bienséance celui
Qui va se coucher de bonne heure.

-20-
Un goulu qui se goinfre
Ruine sa santé à force de manger :
A la table du sage il est souvent ridiculisé,
Humilié pour sa panse gonflée.

-21-
Les troupeaux connaissent l’heure où ils doivent rentrer,
Et quittent le pré :
Mais l’irresponsable ne sait jamais combien
Son estomac contient.

-22-
Le sot de mauvaise humeur
Se moque de tout ce qu’il entend,
Il ignore ce qu’il devrait savoir :
Qu’il n’est pas libéré des imperfections.

-23-
L’insensé veille toute la nuit,
Et s’effraye du moindre bruit
Le matin trouve un homme épuisé,
Et resté avec les mêmes soucis qu’avant.

-24-
Le déraisonnable spécule que les rieurs
Qui lui sourient sont ses amis,
Il est sans méfiance, alors qu’on le persifle
Dans le groupe de la brillante assemblée.

-25-
Le déraisonnable spécule que les rieurs
Avec lui sont tous ses amis :
Lorsqu’il arrive au tribunal,
Il n’a guère de défenseurs.

-26-
Le sot s’imagine être sage
Sorti d’une rude épreuve chez lui.
Mais il ne se quoi dire car rien ne sait
Le jour où il est mis à l’épreuve.

-27-
Le sot doit se taire
Lorsqu’il se mêle parmi d’autres hommes,
Nul ne saura son ignorance
Pourvu qu’il se taise.

-28-
Est considéré sage celui qui sait interroger,
Prendre la parole au bon moment :
Beaucoup ne savent tenir leur langue
Mêlé à la société.

-29-
Il dit des sottises celui qui sans arrêt divulgue,
Des savoirs dont il n’est pas certain:
Une langue non tenue en bride
S’attire forcément des ennuis.

-30-
Attablé à une vaste assemblée :
on ne devrait pas se moquer au dépens d’un convive
On passe pour sage, si étant interroger,
On se tient calme et évite le mépris.

-31-
Sage celui qui évite et s’esquive
Quand les convives se goisent entre eux :
Car celui qui ricane dédaigneusement
Attire sur lui forcément la moquerie ennemie.

-32-
Les amitiés les plus promptes peuvent trébucher
Lorsqu’elles siègent au banquet :
Les prétextes à provocations pleuvent
Et l’invité s’en prend à l’invité.

-33-
L’homme doit faire son repas du matin léger
S’il ne veut pas être sans appétit au festin
Sinon on mâche à vide, ou feint de suffoquer
Ne prenant part à aucune conversations.

-34-
On fait toujours un long détour pour un ami peu sincère
Même si sa demeure est sur la grand route.
Pour ami vrai, on coupe au plus court
Même s’il habite loin.

-35-
Un invité habile quittera rapidement,
Ne demeurera pas longtemps :
Il devient vite antipathique
Celui qui vit dans la demeure d’autrui.

-36-
Un petit chez soi est meilleur,
Tout homme est maître chez lui :
Deux chèvres et une chaumière
Valent mieux que de quémander.

-56-
Il est préférable d’être à moitié sage,
Mais pas trop rusé ni trop adroit :
Parfois ne pas connaître sa destinée,
Permet de dormir en paix.

-57-
La bûche s’enflamme aux tisons jusqu’à être consumée,
Le feu se nourrit au feu :
L’homme s’éduque par le dialogue
Car le silence obstiné rend sot.

-58-
Il se lève tôt celui qui veut s’approprier
Les biens, possessions ou la vie d’un autre :
Au loup endormi, s’échappe sa proie ;
Comme à l’homme qui dort, la victoire.

-59-
Il se lève tôt celui qui dirige peu d’ouvriers,
Et s’activer immédiatement au labeur:
Il perd beaucoup le lève-tard,
L’empressement est la moitié de son bonheur

-60-
L’homme avisé sait combien de
Bardeaux et bûches de bouleau
Prévoir à l’automne sa provision
De bois pour les longs mois d’hiver.

-61-
L’homme se présentera à l’assemblée propre et repu :
Même s’il n’est pas très bien vêtu,
Personne ne peut avoir honte de ses chaussures et culottes,
Et encore moins du cheval point de haut lignage.

-62-
L’aigle se pose , affamé et tête basse
Sur les grèves de la mer retirée.
Ainsi que l’homme parmi la multitude
Si il n’a pas de défenseurs.

-63-
Tout homme sage se renseigne et interroge
Si il veut en savoir d’avantage.
Un seul qui sait suffit, non un second
A trois le monde entier est au courant

-64-
Un homme avisé use de son conseil,
Qu’avec justesse et mesure :
Parmi les intrépides, on trouvera
Qu’il n’est pas seul à l’esprit intelligent.

-65-
Les mots échangés avec d’autres
Donnent souvent de beaux fruits .

-66-
Arrivé trop tôt dans moult demeures,
Bien trop tard pour d’autres
La bière était bue ou pas encore tirée :
L’importun n’arrive jamais au bon moment !

-67-
Je me souviendrai d’avoir été invité de partout
Si j’avais eu faim,
Chez l’ami sincère deux jambons pendaient
Mais je n’en mangeai qu’un.

-68-
Douce est la chaleur du foyer
Ainsi que la vue du soleil levant,
Pourvu que l’homme préserve sa santé,
Et s’épargne de toute flétrissure.

-69-
Même malade un homme n’est pas complètement malheureux,
L’un trouve le bonheur dans ses fils,
L’autre avec ses amis, l’autre de son troupeau,
Celui-ci dans l’honneur de son labeur.

-70-
On est mieux vivant que mort ;
Car vivant on peut encore acheter du bétail.
J’ai vu le feu flamber au foyer du riche homme,
Lui, gisant mort devant sa porte.

-71-
L’estropié monte à cheval, le manchot mène le bétail
Le sourd reste un valeureux combattant,
Mieux vaut être aveugle qu’être sur le bûcher :
Un mort ne peut plus rien faire !

-72-
Mieux vaut un fils, même né tardivement ;
A la mort du père,
Rares sont les stèles gravées sur la grand route :
Si le fils ne les élèvent pas en souvenir du père.

-73-
Un homme ne peut lutter contre deux têtes, car la langue est plus meurtrière !
Sous chaque manteau une main félonne tient le pommeau.

-74-
La nuit est sereine à qui a fait ses provisions pour voyager
Courtes sont les vergues du navire,
Les nuits d’automne sont variables,
Souvent vent varie sous cinq jours,
Et encore plus souvent dans le mois.

-75-
Le sot méconnaît son ignorance
Plus d’un est stupide au centre de sa fortune
L’un est riche, l’autre est pauvre
Il faut l’accepter ainsi.

-76-
Le troupeau meurt, les parents meurent,
Ainsi qu’un jour soi-même :
Ce qui ne meurt jamais chez un homme,
C’est sa bonne réputation !

-77-
J’ai vu des corrals richement garnis chez les aisés,
Qui maintenant en sont réduits à la mendicité.
La richesse à fondue en un éclair,
C’est là, la plus incertaine des amies

-78-
Le troupeau meurt, les parents meurent,
On meurt aussi !
Une seule ne se perd jamais :
Le jugement tenu sur chaque trépassé !

-81-
Il faut saluer la journée passée, la femme défunte,
L’épée après l’avoir testée, la fidélité après le mariage,
La glace traversée, la bière après l’avoir bue.

-82-
Savoir lutter contre la tempête, savoir ramer sur flots calmes,
Belles paroles aux filles conter le soir, le jour possède trop d’yeux ouverts
Le vaisseau est fait pour glisser sur l’onde, le bouclier pour protéger.
L’épée sert au combat, et le baiser à la jeune fille.

-83-
Boire sa bière à la lueur de l’âtre, mais patiner sur la glace,
Acheter une jument affamée, mais pas l’épée rongée de rouille;
Engraisser le cheval à l’écurie, mais garder le chien dans sa niche.

-84-
Personne ne doit se fier aux paroles d’une fille éconduite,
Ni aux verbes d’une femme trompée :
Car leur cœur a été tourné,
Désormais l’inconstance y réside.

-85-
Un arc précaire, les flammes chatoyantes,
Le loup à la gueule béante, le corbeau croassant,
Le porc grognant, un arbre sans racines,
Une vague brisante, le chaudron bouillant,

-86-
Une flèche tirée, la marée descendante,
La glace de la nuit, la vipère enroulée,
L’entretien d’une épousée au lit, l’épée détériorée,
Les gentillesses de l’ours, les fils de roi,

-87-
Un veau malade, le valet capricieux,
Les charmes de la Volva(magicienne), le combattant tombé,

-88-
Ne vous fiez pas à la graine trop tôt semée,
Ni au fils trop hâtif :
Le temps germera la graine, et mûrir le discernement du fils !
Car l’on ne peut compter ni sur l’un ni sur l’autre !

-89-
Si sur ton chemin tu rencontre le meurtrier de ton frère
La maison à moitié brûlée, un cheval rapide à la course,
Un cheval à la patte brisée ne sert à rien-
Rien de tout cela est sûr : aucun homme sensé ne saurait avoir confiance !

-90-
L’amour d’une femme au tempérament espiègle
Ressemble à monter un jeune cheval de 2ans (ou pas encore débourré)
Courant sur la glace sans fers cramponnés !
Ou comme un bateau sans gouvernail au cœur d’une terrible tempête,
Ou poursuivre un renne comme un paralysé sur des rochers verglacés !

-91-
Franchement parlé, je connais les deux :
L’homme est inconstant à l’égard des femmes
Nous tenons beaux discours, alors que nos pensées sont hypocrites
Et au fond de nous, nous abusons les plus belles.

-92-
Par de beaux discours et dons somptueux,
Nous pouvons obtenir la bonne grâce de la femme :
Mais c’est en louant la vraie beauté de la jeune fille,
Que l’on conquiert vraiment l’être aimée.

-93-
Nul ne devrait jamais incriminer à autrui
La sincère amitié ;
Il arrive assez souvent
La beauté intérieure séduit le sage,
Mais est inutile sur le sot.

-94-
Nul ne devrait blâmer chez autrui
L’amour d’un autre :
Ô ter les plaisirs d’être aimer
Rend stupide les gens sensés.

-95-
Seule l’âme sait ce qui gît près du cœur,
Elle seule en a conscience. :
Il n’y a pas pire affection pour un homme sensé
Que de ne point être satisfait de lui-même.

*
* *
(épisode d’Odin/Rind)

-96-
Alors que j’étais tapi dans les roseaux tout transi,
Sans l’attente de ma tant désirée.
J’étais fou amoureux de cette jeune fille,
Malgré cela je ne la possédais point.

-97-
Je vit alors, La fille de Billing, allongée sur son lit
Endormie, lumineuse comme un soleil :
les plaisirs de prince me semblèrent sans valeur,
Si je ne pouvais point me blottir dans ses bras.

-98-
Viens, Odin, le soir,
Si tu veux me courtiser de tes belles paroles :
Mais prends garde à ce que nous soyons seuls,
Ce serait infamants de nous savoir amants. »

-99-
Repartant promptement, croyant l’avoir séduite ;
Docile à son sage vœux :
Pensant enfin goûter auprès d’elle,
Tous les plaisirs et toutes les jouissances.

-100-
Plus tard je revins enfin, alors que tous veillaient :
Toute sa valeureuse garde martiale
Les torches brûlaient, les bûches flambaient,
J’appris à mes dépens la dangereuse posture.

-101-
Le lendemain, revenant à nouveau
La garde enfin endormie,
Une chienne gardait
Liée au pied du lit de la jouvencelle.

-102-
Toute femme aimée, lorsqu’on la connaît,
Est souvent changeante aux avances de l’homme.
Ainsi fut mon ressentiment, voulant la séduire
Cette prudente pucelle par des ruses habiles ;
En jouvencelle maligne me trompa gaillardement !
Jamais je ne pus l’avoir à moi !

*
* *

-103-
Tout homme de bon abord et agréable à son hôte,
S’apportera sagesse à lui même ;
Avec une bonne mémoire et un discours adroit,
Désirant posséder une grande pratique.
Il semble pauvre d’esprit, celui qui discourt maladroitement,
C’est là le fait d’un sot.

*
* *

( épisode Odin/Gunnlöd)

-104-
Il me fallut à nouveau quérir le vieux géant ; me voici à nouveau.
Il ne me sert à rien de me taire.
Ayant brillamment défendu mon parti personnel,
Dans la vaste halle de Suttung.

-105-
J’utilisai Rati(la vrille) afin de ronger la roche
Afin de me forer un passage.,
Tout autour de moi étaient les dangereux Géants :
Je risquai ma vie à chaque instant.

-106-
Gunnlöd sise sur son trône d’or, me tendit,
Une corne d’hydromel divin :
Par la suite , lui étant redevable, je fus ingrat,
Pour ses vives attentions,
Et sincères inquiétudes pour moi.

-107-
Je m’enivrais ainsi de la divine boisson sournoisement dérobée,
Le coquin a toujours des expédients,
Car au Walhalla des Dieux,
Je ramenais Othrörir aux Ases

-108-
Il m’aurait été difficile d’échapper
De Jöltunheim,
Sans la collaboration de Gunnlöd, cette charmante femme,
Que j’avais étreint dans mes bras.

-109-
Dès le lendemain , les Thurses du Givre s’en vinrent se renseigner,
Dans la Halle du Très Haut :
Questionnant si Bölverk(brigand)était au palais,
Ou bien si Suttung l’avait tué ?

-110-
Odin, ayant prêté serment sur son anneau d’Ullr :
Qui oserait douter de sa bonne foi ?
Ainsi par duperie, il déroba la boisson des poètes à Suttung
Et laissa Gunnlöd aux affres de l’affliction .

*
* *

-111-
Il est temps d’incanter sur le trône de Tulr,
Sur les bords du puits d’Urd,
Je vis et je méditais
J’écoutais parler les hommes,
De runes ils parlaient, pleines de bons conseils,
Dans la salle du très haut,
Je l’entendis, dit ainsi.

-112-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
De nuit , ne te lèves que pour quêter,
Ou pour subvenir à un besoin.

-113-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne dors pas dans les bras d’une magicienne,
Afin qu’elle ne t’enlace de ses étreintes.

-114-
Elle agit de telle manière que tu ne prends plus aucun souci
De ce qu’il advient au tribunal et à l’assemblée populaire ;
N’ayant plus aucun goût aux banquets et festivités,
Tu ne penseras qu’au repos, assombris par les tourments.

-115-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne séduis jamais l’épouse d’un autre,
N’en fais jamais ta fréquentation et alliée.

-116-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Si tu dois parcourir les montagnes et les fjords
N’aies garde de manquer de vivre.

-117-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Au malintentionné ne révèles jamais rien,
Des infortunes qui te viennent :
Car le malintentionné ne donnes rien de bon
Tu obtiendras la difficulté pour le bien.

-118-
J’ai connu un homme qui eut la vie mise en danger
Par le discours d’une femme immorale
Par sa langue généreusement fourbe elle le tua,
Sans qu’il fût prouvé que ce fut elle la coupable.

-119-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
S’il existe un de tes amis en qui tu as totale confiance,
Rends toi souvent chez lui !
Car broussailles et herbes hautes poussent abondamment
Sur un chemin que plus personne ne foule.

-120-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Lies toi d’amitié avec un homme sage
Souffres de lui ses judicieuses recommandations

-121-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne sois jamais le premier à briser
Les chaînes de l’amitié
Le souci te ronge l’âme, si personne
Ne reçois plus les méandres de ta raison

-122-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Jamais tu ne débuteras une conversation
Avec un borné démuni d’entendement.

-123-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
D’un méchant tu n’auras jamais gré,
Des bienfaits que tu lui auras rendus ;
Mais d’une solide connaissance peut, par ses louanges à ton égard,
T’amener de sincères liens d’affections.

-124-
L’attachement est réciproque lorsqu’il est possible
D’ouvrir mutuellement ses pensées :
La tromperie est la pire des calamités
Ce n’est pas un ami celui qui parle trop.

-125-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne perds pas ton temps à te chamailler
Avec un homme qui n’en mérite peine
Souvent un être sensé recule,
Quant un autre, stupidement, cogne abondamment

-126-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Hormis pour toi !
Si le soulier meurtrit ou l’incantation boiteuse ;
On ne te souhaiterat que calamité.

-127-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Si tu te sens menacé, affrontes le danger !
Et ne traite pas avec tes ennemis.

-128-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
N’ais jamais le plaisir à perpétrer le mal.
Mais acharnes toi à rendre le bien.

-129-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Sois attentif au cours du combat
Les fils des Hommes sont devenus fous,
Afin qu’aucun maléfice ne t’atteigne.

-130-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Si tu désires une femme amoureuse aux jeux de l’amour
Et apprécier le plaisir de ce privilège
Promets-toi honnêtement et tiens tes engagements :
Nul ne dédaigne le bonheur et le gâche quand il est là !

-131-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Je te conseille la prudence, sans exagérer,
Evites de boire trop de bière, de courtiser une femme mariée,
Eloignes toi des brigands et des menteurs !

-132-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne fais jamais fi, ni ne te moques,
De l’invité ou du voyageur.

-133-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Très souvent, les occupants de la maison ignorent exactement
De quel lignage découlent les invités
Il n’est point d’homme si sage qu’il ne soit vicié,
Ni être immoral qui ne détienne une valeur

-134-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne te moque pas des paroles d’un ancêtre ;
Les anciens parlent souvent sagesse :
D’une bouche fanée vient souvent des paroles d’or
Qu’il soit vêtu de hardes
Ou boitant revêtu de pauvres fourrures
Ou vacillant de faim par un estomac vide !

-135-
Je te livre ces conseils Loddfafnir ! Ecoutes les !
Tu en tireras profit, si tu les admets,
Tu les priseras, si tu t’en instruis et te seront bénéfiques.
Ne rejettes pas l’étranger, ne le renvoies pas dès le seuil,
Accueilles chaleureusement le démuni.

-136-
Solide doit être le verrou, si tu dois le manœuvrer sans cesse,
Pour ouvrir sans arrêt.
Sois généreux en aumône,
Sinon tu en recevras mauvaise rétribution

-137-
En buvant la bière, loues et remercie la Terre
La terre guérit l’ivresse, le feu brûle les épidémies
Le chêne soulage des coliques, l’épée de la malédiction,
Le seigle soulage l’hernie, la lune contre les malveillances,
La prairie stoppe la fièvre du troupeau, les Runes préservent des désastres,
L’argile soulage les rhumatismes.

-138-
Je viens de les chanter dans la salle du très haut,
Hautement instructives pour les hommes,
Sans intérêt pour les géants.
Heureux celui qui les chante ! Heureux celui qui les connaît !
Bonheur à celui qui les a comprises !
Salut à ceux qui les ont écoutées !

-139-
Je sais que je pendis
A l’arbre battu des vents
Neufs nuits pleines,
Blessé d’une lance, et offert à Odin
Moi-même à moi-même offert.
A l’Arbre dont nul
Ne sait d’où proviennent les racines

-140-
Pas de pain ne me donnèrent,
Ni de coupe d’hydromel
Je scrutais en bas ;
Hurlant
Ramassais les runes ;
De l’arbre je retombais.

-141-
Neuf chants de pouvoir me furent inspirés
Par Bolthor, père de Bestla :
De lui j’obtins une corne d’hydromel,
Recueilli d’Othrörir

-142-
Alors je me mis à germer,
A croître et à me corriger
De mot en mot, mes mots me menèrent
D’actes en actes, mes actes me menèrent.

-143-
Tu apprendras les runes et tu les traduiras,
Créées par les puissantes divinités,
Enrichies par Odin,
Les runes de puissance, les runes de pouvoir
Gravées par le souverain borgne.

-144-
Odin pour les Ases, Daïn pour les Elfes.
Dvalin pour les nains
Alsvid pour les géants, mais pour les Hommes,
J’en gravais moi-même plusieurs.

-145-
Sais-tu comment les graver, Sais-tu comment les interpréter
Sais-tu comment les colorer, Sais-tu comment les éprouver
Sais-tu comment les implorer, Sais-tu comment les sacrifier
Sais-tu comment les montrer, Sais-tu comment verser ?

-146-
Mieux vaut ne pas trop les implorer que de trop sacrifier ;
La générosité est toujours récompensée.
Mieux vaut ne pas offrir que de le faire chichement !
Thund les grava bien avant les origines des Temps
Il ressuscita quand il revint (de sa transe chamanique = petite mort).

-147-
Je connais ces charmes,
Qu’ignore femme de prince, ou fils d’homme
Il t’aidera
Dans les procès et les chagrins.

-148-
J’en connais un deuxième que doit connaître
Celui qui veut être mire.

-149-
J’en connais un troisième : quand dans la bataille
Mon besoin est assez grand
J’émousse les épées ennemies
Ni leurs ruses, ni leurs armes ne me blesseront .

-150-
J’en connais un quatrième
Si je suis lié et entravé,
Sitôt je chante et je suis délivré !
Mes chaînes s’ouvrent,
Mes mains sont déliées !

-151-
J’en connais un cinquième, si je vois partir une flèche,
Voulant blesser mon armée
Elle n’aura pas assez de force que je ne puisse la stopper
Il suffit que je la fixe du regard.

-152-
J’en connais un sixième, si un fougueux guerrier me blesse
Par un sort jeté
Cet homme haineux
Sera par moi bien avant touché par l’adversité.

-153-
J’en connais un septième, lorsque l’incendie
Envahit la salle des invités,
Bien que les flammes soient chaudes, ils ne sentent rien
Je l’écarte immédiatement de mes incantations.

-154-
J’en connais un huitième
Profitable à tous
Lorsque éclate la dispute des guerriers fraternels
Je les apaise en un instant

-155-
J’en connais un neuvième, lorsque l’infortune m’oblige
A abriter mon navire ancré,
Je calme la tempête et les flots en furie
J’endors tous les maelströms.

-156-
J’en connais un dixième
Qu’avec circonspection je te donnerai peut être
Lorsqu’ apparaissent les mauvaises sorcières
Qui de ce fait s’égarent,
Et plus jamais ne retrouvent leur antres.

-157-
J’en connais un onzième
Lorsque au combat un frère blessé
J’incante hardiment sous ma targe
Les Héros s’en vont et reviennent
Sains et saufs en touts endroits.

-158-
J’en connais un douzième
Lorsque balance un cadavre de pendu
Sitôt les runes gravées, sitôt chantées
L’homme en redescend
Et discours avec moi.

-159-
J’en connais un treizième
Aspergeant d’un verre d’eau un homme jeune
Il ne mourra pas en féroce combat
Aucune épée ne pourrait l’atteindre

-160-
J’en connais un quatorzième que peu connaissent
Si je le conte devant une assemblée
J’énumère les géants, les Ases et les Elfes,
Un individu ignorant ne pourrait le faire

-161-
J’en connais un quinzième
Que chantait Thjodrerir(le paisible)
Le Nain, devant la porte de Delling
Il donna force aux Ases, triomphe aux elfes
Et le discernement à Hropt .

-162-
J’en connais un seizième, si je veux gagner
L’amour et le cour d’une vierge indomptée
Je le chante de telle manière
Qu’aucune ne me résiste !

-163-
J’en connais un dix-septième,
Il me suffit de le méditer,
De telle manière qu’on ne m’importune point,
Ni mène devant les tribunaux.

-164-
J’en connais un dix-huitième que je n’apprendrai jamais
A une demoiselle ou une épouse
Hormis à celle ou celui que j’aime
Qui est aussi ma phratrie
Car il est le secret de la vie de la perpétuation

-165-
Tu resteras encore longtemps, Loddfafnir, sans comprendre
La connaissance des chants magiques
Mais si tu les saisis, que ce soit pour ton bien.
Profites en si tu les connais !
Utilises les si tu les apprends !

 

 

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2 Replies to “Hávamál… Les Dits du Très Haut”

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